Les Maréchaux de Paris

Les Maréchaux de Paris

Ils entourent Paris intégralement, et la plupart d’entre vous doivent les emprunter quotidiennement pour aller travailler. Pourtant, êtes vous certains de tout connaître sur eux ?

Géographie

Les Boulevards des Maréchaux forment un circuit presque continu, entourant Paris en reliant les différentes portes.
Ils se trouvent en moyenne à 150 mètres du boulevard périphérique sud et suivent approximativement la ligne de la petite ceinture.
Cette ancienne ligne de chemin de fer désaffectée servait autrefois à transporter diverses marchandises durant l’époque industrielle. Le trafic a diminué petit à petit et la ligne a été abandonnée avec l’apparition des lignes de métro.

Entre les boulevards des Maréchaux, et le boulevard périphérique – sur les 150 mètres séparant ces deux circuits – vous remarquerez un style architectural bien différent du reste de Paris ; des logements collectifs à loyer modéré, en briques rouges typiques, ainsi que gymnases, stades, parcs et établissements d’enseignement. C’est également sur cette bande atypique qu’est placée la cité universitaire internationale.

Briques rouges et cité universitaire

Briques rouges et cité universitaire

Durant la deuxième partie du 19° siècle, cette bande, alors large de 250 mètres, constituait une barrière séparant la capitale des usines industrielles. Désignée comme zone non constructible, elle fut alors occupée par des bidonvilles et était appelée « la Zone ». C’est de cette dénomination que provient le mot d’argot « zonard ».

Avant de poursuivre nos explications, voici en détails le tracé du circuit des Maréchaux :

17° Bd Gouvion St Cyr – de Porte Maillot à Porte de Champerret
Bd Berthier – de Porte de Champerret à Porte de Clichy
Bd Bessieres – de Porte de Clichy à Porte de Saint Ouen
18° Bd Ney – de Porte de Saint Ouen à Porte de la Chapelle
19° Bd Mac Donald – de Porte de la Chapelle à Porte de la Villette
Bd Sérurier – de Porte de la Villette à Porte des Lilas
(dédoublement avec le Bd d’Indochine et le Bd d’Algérie)
20° Bd Mortier – de Porte des Lilas à Porte de Bagnolet
Bd Davout – de Porte de Bagnolet à Porte de Vincennes
12° Bd Soult – de Porte de Vincennes à Porte Dorée
Bd Poniatowski – de Porte Dorée au Quai de Bercy
(dédoublement avec le Bd du Général Jean Simon)
13° Bd Masséna – du Quai de Bercy à Porte d’Italie
Bd Kellerman – de Porte d’Italie au Stade Charlety
14° Bd Jourdan – du Stade Charlety à Porte d’Orléans
Bd Brune – de Porte d’Orléans à Porte de Vanves
15° Bd Lefèvre – de Porte de Vanves à Porte de Versailles
Bd Victor – de Porte de Versailles à Balard
Bd Gal Martial Valin – de Balard au Pont du Garigliano
16° Bd Murat – du Pont du Garigliano à Porte d’Auteuil
(dédoublement avec le Bd d’Exelmans)
Bd Suchet – de Porte d’Auteuil à Avenue Henri Martin
Bd Lannes – d’Avenue Henri Martin  Porte Dauphine
Bd de l’Amiral Bruix – de Porte Dauphine à Porte Maillot

Histoire de l’apparition des « Maréchaux »

En 1840, une enceinte militaire est construite, sur la proposition d’Adolphe Thiers. La construction de cette enceinte dure environ 3 ans. La rue Militaire, qui auparavant suivait approximativement le tracé des boulevards des Maréchaux, ainsi que la ligne de la petite ceinture, servaient de routes de livraison des marchandises nécessaires à la construction de cette enceinte, comme nous l’avions évoqué précédemment.
En 1860, l’extension de Paris par annexion des communes riveraines étend la capitale jusqu’à cette enceinte, qui, avec son large glacis – un terrain découvert – marque un important changement dans le paysage urbain.
Dès 1920, le démantèlement de l’enceinte permet de créer un ensemble de boulevards faisant le tour de la ville. Les parisiens avaient déjà observé des travaux similaires avec la construction à la fin du 17° siècle des grands boulevards de la rive droite, suite à la destruction de l’enceinte de Louis XIII.

Rails

Rails

Les Maréchaux d’Empire
Le maréchalat est une dignité militaire d’Ancien Régime qui avait été abolie par la Révolution.
Le 18 mai 1804, cette dignité est rétablie par Napoléon pour raison politique, sous le nom de maréchal d’Empire : c’est une dignité d’Etat qui donne un rang à la cour et place ses titulaires en tête des « grands officiers de l’Empire ».
14 généraux sont nominés, ainsi que 4 sénateurs, en récompense de leurs talents et des services rendus. Ces 18 maréchaux témoignent alors d’une volonté de rassemblement mêlant habilement origines sociales, générations, formations et carrières. Tels le roi Arthur et ses chevaliers, les profils de chacun des nommés sont très variés, donnant à Napoléon un maréchalat polyvalent. L’éventail part de classes populaires – Augereau, fils de domestique – allant jusqu’à la noblesse, et les âges vont de 35 à 69 ans. Mais la plupart des maréchaux sont des engagés sortis du rang.
Cependant, pour ne pas dépasser le nombre maximal de 16 Maréchaux en activité, certains abandonnent leur dignité lors de nouvelles nominations. C’est le cas, en 1809, de Berthier, nommé vice-connétable de l’Empire, de Jourdan, nommé chef d’État-major et de Murat qui devient roi de Naples.
Entre les Maréchaux, les rapports sont difficiles. Des clans se sont formés depuis les guerres révolutionnaires, et cette mésentente se poursuit jusque sur les champs de bataille…
La III° République – de 1870 à 1940 – place en désuétude le maréchalat, dévalué après la défaite de Sedan, mais le réhabilite en 1916 pour valoriser Joffre, le vainqueur des batailles de la Marne. C’est ainsi que huit maréchaux, éduqués selon l’exemple des batailles napoléoniennes, sont nommés, puis quatre autres suivent après la seconde guerre mondiale. Certains d’entre eux ont un boulevard parisien à leur nom.
Marmont, dernier maréchal d’Empire, décède en 1852.
Juin, le dernier Maréchal de France, disparaît en 1967.

Anecdotes insolites

Parmi tous les boulevards des Maréchaux ; seuls Bruix, Jean Simon et Martial Valin ne sont pas des maréchaux du Premier Empire. Ils ont été ajoutés au circuit plus tardivement :
→ en 1932, la section du boulevard de l’Amiral Bruix (Amiral de l’épopée napoléonienne)
→ en 1987, la section du boulevard du Général Martial Valin (Général de l’armée de l’air)
→ en 2005, la section du boulevard du Général Jean Simon (Officier de la France libre, Compagnon de la Libération).

La création du Boulevard du Général Martial Valin, ajouté sur une partie du Boulevard Victor, ne suscitait alors pas de grand intérêt auprès des habitants du tronçon, qui n’étaient pas vraiment ravis de voir leur adresse se modifier. Parmi eux, la DGA (Direction Générale de l’Armement) et une section de l’Armée de l’Air.
Pourtant, le nouveau nom du Boulevard allait porter le nom du Général de l’armée de l’air… curieuse coïncidence !

Bien que le circuit des Maréchaux entoure parfaitement Paris, il existe une légère discontinuité entre les 15° et 16° arrondissements, entre le boulevard du Général Martial Valin et le boulevard Murat. Le circuit se coupe, et le passage par le pont du Garigliano est nécessaire pour rejoindre le circuit des Maréchaux. De même, le boulevard Exelmans permet, sans emprunter le boulevard Murat, de rejoindre directement le circuit des maréchaux, au niveau du boulevard Suchet. Exelmans, maréchal du Second Empire, était aide-de-camp de Murat. En un sens, il continue de l’épauler de par son emplacement géographique…

 

 

 

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