Visiter le Louvre sans être submergé : notre stratégie terrain pour voir l’essentiel en une journée

Visiter le Louvre sans être submergé : notre stratégie terrain pour voir l’essentiel en une journée

Le Louvre fait rêver… puis il épuise. Trop de salles, trop de choix, trop de monde, et cette impression tenace de passer davantage de temps à marcher qu’à regarder. L’objectif n’est donc pas de “tout faire”. Il est de visiter le Louvre comme des visiteurs réguliers : avec une logique simple, des décisions prises avant l’entrée, des pauses au bon moment et un itinéraire réaliste. Résultat attendu : sortir du musée avec des souvenirs nets, quelques œuvres réellement vues, et l’envie d’y revenir sans appréhension.

A retenir

  • Visiter le Louvre en une journée fonctionne si la journée est pensée en blocs, pas en liste dispersée.
  • Réduire l’ambition : 3 zones maximum, 10 œuvres maximum, et zéro culpabilité.
  • Arriver tôt, placer les salles phares le matin, et programmer une pause avant la fatigue.
  • Une exposition temporaire se décide vite : vérifier jauges et accès, puis l’intégrer sans casser le rythme.
  • En visite école, viser un thème, 3 questions, peu de salles : le plaisir et l’attention passent avant le programme.

Le Louvre n’est pas un musée “comme les autres” : c’est un palais devenu musée, agrandi et réorganisé au fil du temps. Cette histoire se lit dans les changements de niveaux, les axes qui se croisent, les salles qui s’enchaînent sans prévenir. Et c’est précisément ce qui peut submerger sur une journée. Pourtant, avec une stratégie terrain (et deux ou trois choix assumés avant l’entrée), la visite du Louvre devient fluide, presque évidente.

Rappel utile en 2026 : le Louvre reste le site culturel le plus visité de France, avec des pics de fréquentation très marqués selon les saisons. Concrètement, tout ce qui réduit l’improvisation (billet horodaté, plan de zones, ordre de visite) fait gagner du temps… et, surtout, de l’énergie.

Avant même de partir : l’objectif est-il de “tout voir”… ou de passer une bonne journée ?

Premier réglage mental : au Louvre, “tout voir” n’est pas un objectif, c’est un piège. Le musée est gigantesque ; le palais abrite des kilomètres de parcours possibles. Viser l’essentiel ne signifie pas survoler. Cela signifie choisir et regarder vraiment, plutôt que collectionner des salles comme des vignettes.

Un mini-auto-diagnostic aide à cadrer une journée au Louvre en 30 secondes. Et oui, cela paraît simpliste. Pourtant, c’est exactement ce qui évite le “on verra sur place” (spoiler : sur place, c’est la foule qui décide).

  • Profil “5 icônes et de l’air” : quelques œuvres incontournables, des pauses, et une galerie plus calme pour respirer.
  • Profil peinture : un bloc cohérent autour des écoles, sans dispersion.
  • Profil sculpture : un fil “formes et volumes”, étonnamment reposant, car le regard respire.
  • Profil école : un parcours court, des objectifs pédagogiques simples, et un vrai plan anti-fatigue.

Ce diagnostic évite l’erreur la plus fréquente au Louvre : entrer en se disant que le musée “va inspirer”. En réalité, le muséum (au sens d’institution tentaculaire, de machine à flux) inspire surtout… des détours, des bouchons, et une fatigue bête.

Le bon créneau : sinon, c’est le musée qui choisit pour vous

Au Louvre, l’horaire change tout. Les premières heures sont un autre monde : moins de bruit, des salles praticables, un rythme plus doux. En 2026, le musée reste très fréquenté, et les pics se devinent sans boule de cristal : fin de matinée, début d’après-midi, week-ends, vacances scolaires, ponts. La stratégie la plus rentable est simple : arriver tôt, placer les incontournables d’entrée de jeu, puis basculer vers des zones respirantes.

Ce qu’il faut vérifier systématiquement sur le site officiel du Louvre : jours d’ouverture, nocturnes, créneaux de billets, et éventuelles restrictions liées à une exposition. Les horaires évoluent selon la saison, les événements et les dispositifs de sécurité. À ce titre, un réflexe fait gagner une heure : consulter la page “Horaires et accès” du musée la veille.

Effets concrets observés sur place :

  • Nocturne : ambiance plus souple, moins de groupes, meilleure circulation dans certaines ailes. Mais l’énergie baisse plus vite : mieux vaut un parcours court, très ciblé, et une sortie nette.
  • Week-end : densité plus forte sur les salles stars. Une entrée mal choisie se paie cash en pas et en agacement.
  • Vacances : davantage de familles et de groupes école. Il faut prévoir plus de pauses, réduire l’ambition et accepter de couper un bloc.

Conseil terrain (et erreur vécue par beaucoup) : attendre d’avoir faim ou d’avoir mal aux pieds pour faire une pause, c’est déjà trop tard. Au Louvre, une pause en milieu de matinée et une autre au début d’après-midi changent le visage de la journée dans ce palais.

Billets, contrôles, entrées : les minutes gagnées qui sauvent la journée

Le meilleur achat de la journée n’est pas un souvenir : c’est le billet en ligne, avec un créneau. Au Louvre, réserver réduit l’incertitude et évite de transformer la matinée en file. Lors de l’achat, trois vérifications : date, horaire, conditions (billet horodaté, réduction, gratuité). Ensuite, présenter le billet sur smartphone ou imprimé, selon la consigne du musée.

Les contrôles de sécurité sont incompressibles. Donc l’objectif n’est pas de les “battre”, mais de les absorber : arriver avec marge et éviter les sacs compliqués. Cela paraît banal. Pourtant, ce détail conditionne l’humeur des trente premières minutes, et une mauvaise entrée au Louvre se traîne longtemps.

Entrées : la plus célèbre n’est pas toujours la plus efficace. La règle terrain : choisir l’entrée en fonction de la première salle visée, pas en fonction de la photo. Le Louvre est un palais immense ; commencer “du mauvais côté” ajoute une marche inutile qui se paie en fin de journée.

Vestiaire, objets interdits, contraintes : la promesse est simple, la réalité un peu moins. Un manteau lourd, un parapluie, une gourde trop volumineuse… tout peut ralentir. Mieux vaut voyager léger et garder l’essentiel accessible : billets, pièce d’identité si besoin, eau, batterie externe, écouteurs (application/audioguide). Dans ce muséum, chaque friction devient une fatigue.

Votre boussole : 3 zones, 1 ordre, 0 culpabilité

Le Louvre se comprend mieux quand il cesse d’être un simple musée. C’est un palais structuré en ailes, niveaux et ensembles. Sans repères, la visite devient une succession de zigzags : on s’épuise et on finit par “consommer” les œuvres. La boussole tient en trois mots : zones, ordre, renoncement.

Comprendre la structure : inutile d’apprendre un plan entier. Garder des repères faciles (grandes cours, axes longs, escaliers). Une galerie majeure sert souvent de colonne vertébrale : elle permet de se recaler quand la signalétique paraît floue.

La règle “3 zones max” : choisir trois zones et s’y tenir. En pratique : une zone “phares”, une zone “respiration”, une zone “coup de cœur”. Le renoncement n’est pas une perte. C’est ce qui rend la journée possible au Louvre.

Fixer un ordre : l’indécision fatigue plus que la marche. Un ordre réduit la sensation d’être submergé : chaque déplacement a un sens. Et dans un palais où l’on peut marcher des heures, ce sens vaut de l’or.

Stratégie pour une journée : )

La clé est de raisonner en blocs. Pas en liste d’icônes dispersées. Un bloc = une logique = moins de marche. La plupart des habitués du Louvre fonctionnent ainsi : démarrage tôt, phares avant la foule, galerie respirante, second bloc cohérent, sortie propre.

Le matin : viser les œuvres phares avant l’effet “bouchon”

Le matin doit porter 2 à 3 incontournables, pas davantage. Pourquoi ? Parce que l’énergie est haute et que les salles les plus demandées se densifient vite. Approcher les œuvres phares sans s’épuiser, c’est accepter une micro-discipline :

  • Entrer, regarder, se déplacer : ne pas s’installer au milieu du flux.
  • Viser un angle plutôt que le face-à-face idéal : l’objectif est de voir, pas de gagner une bataille.
  • Sortir au bon moment : dès que la salle devient un couloir, basculer vers une zone plus calme.

Dans le Louvre, certaines salles sont des nœuds de circulation. Les aborder tôt évite l’entonnoir. Et cela laisse le reste de la journée au vrai plaisir : découvrir, comparer, relier. Bref, faire de l’art une expérience et pas un sprint.

La pause qui sauve la visite : manger, s’asseoir, regarder autrement

Une pause efficace n’est pas forcément longue. Elle est placée. Le bon moment : avant la saturation. Dans ce musée, la fatigue n’est pas uniquement physique ; elle est visuelle. Trop d’images, trop de cartels, trop d’embranchements. Une pause réinitialise l’attention.

Technique simple : “deux minutes d’attention”. Devant une œuvre, choisir un détail à suivre : une main, un drapé, un regard, un contraste. Par exemple, sur une scène religieuse, repérer un ange, une vierge, un saint, et observer comment la lumière hiérarchise la scène. Deux minutes suffisent pour que la visite redevienne personnelle.

L’après-midi : choisir une grande famille d’art, pas un marathon

L’après-midi, la tentation est de “rattraper” ce qui n’a pas été fait. Mauvais calcul. Le Louvre se visite mieux avec un fil directeur : une grande famille, une ambiance, une époque. Peinture OU sculpture, plutôt qu’un peu de tout. Ce choix donne des souvenirs nets, et c’est ce qui fait revenir.

Un fil simple : suivre une logique “formes” (salles de sculpture) ou “couleurs” (salles de peinture). Dans les deux cas, le musée cesse d’être un labyrinthe : il devient narration.

Options selon le profil :

  • Avec enfants : réduire la distance, multiplier les micro-pauses, viser des salles où l’on circule sans friction. Le Louvre devient un terrain d’observation si les objectifs restent simples.
  • Amateurs d’art ancien : privilégier des ensembles cohérents et éviter le ping-pong entre ailes. Le palais se traverse, mais il se paie en pas.
  • Cadre école : limiter à quelques salles et préparer des questions plutôt qu’un “cours”. Le vivant d’abord, le programme ensuite.

Données pratiques 2026 : horaires, billets, gratuités, accès (à vérifier avant de partir)

Ces informations servent de repères concrets pour organiser une visite en 2026. Les modalités peuvent toutefois bouger (travaux, événements, plan Vigipirate, expositions). Avant de se déplacer à Paris, la vérification sur le site officiel du musée reste indispensable.

Rubrique Repère 2026 Impact direct sur la visite du Louvre Action recommandée
Billet (adulte) Tarif standard autour de 22 € (tarif susceptible d’évoluer) Conditionne l’accès sur créneau et la gestion des files Réserver en ligne, créneau tôt, billet prêt sur smartphone
Gratuités Moins de 18 ans (UE/EEE) et 18–25 ans (UE/EEE) : généralement gratuit Peut augmenter la demande sur certains créneaux et zones Prévoir justificatif, arriver tôt, ne pas compter sur l’improvisation
Horaires Horaires variables selon saisons, avec au moins une nocturne selon périodes Le créneau d’entrée dicte la densité et la fatigue Choisir ouverture du matin ou nocturne selon endurance
Accès Métro et bus très fréquentés aux heures de pointe autour du site Un trajet stressant entame l’énergie avant même le palais Viser une arrivée 30–45 min avant l’heure de billet
Sécurité Contrôles systématiques Temps incompressible, surtout en week-end Sac léger, objets simples, pas de “goulot” au contrôle

Tableaux : planifier sans se tromper

Ces tableaux ne remplacent pas le site officiel du Louvre, mais ils accélèrent la décision. L’objectif est simple : moins d’hésitation, plus de regard, plus de confort. Et, surtout, une visite qui tient réellement sur une journée.

Objectif Décision avant départ Action sur place Indicateur que ça dérape Correction immédiate
Voir l’essentiel du Louvre en 1 jour Choisir 3 zones max + 10 œuvres max Commencer tôt, placer 2–3 phares le matin Plus de 10 min à chercher une salle Revenir sur un axe principal, relancer l’ordre, couper une zone
Éviter la saturation visuelle Programmer 2 pauses (matin + après-midi) Pause avant fatigue, eau régulière On “lit tout” sans rien retenir Passer en mode “2 minutes d’attention” par œuvre
Gérer une visite école Fixer 3 questions + 1 thème Séquences courtes, regroupements fréquents Groupe qui s’étire, perte d’attention Raccourcir, viser une salle forte, faire une synthèse
Profil Matin (priorité) Fin de matinée (respiration) Après-midi (bloc cohérent) À éviter
“5 œuvres célèbres et respirer” 2–3 salles phares tôt Une galerie plus calme Un seul ensemble au choix Traverser tout le palais “au cas où”
Passion peinture Salles demandées tôt Transition vers un espace moins dense Un fil par écoles Sauter d’un étage à l’autre en continu
Passion sculpture Salles aérées, circulation fluide Pause assise + observation Un parcours “volumes” Accumuler des salles de petits objets sans pause
Visite école 1 œuvre socle + consignes Pause courte et structurée 2 salles maximum + synthèse Un programme trop ambitieux

Expositions temporaires et événements : les intégrer sans casser le rythme

Une exposition temporaire peut transformer une journée au Louvre… ou la déséquilibrer. La méthode terrain est volontairement rapide : repérer ce qui est en cours sur le site officiel du musée, puis décider si cela mérite une réorganisation. Les critères utiles sont concrets : dates, créneaux, accès (entrée dédiée ou non), et jauge. Certaines expositions attirent un flux spécifique ; d’autres restent confortables même quand le musée est plein.

Pour le timing, deux options fiables :

  • Début de journée si l’exposition est très demandée : meilleure fluidité, attention plus fraîche.
  • Fin de journée si l’exposition est un bonus : possibilité de raccourcir en cas de fatigue.

Ce point compte encore plus en visite école : une exposition trop longue casse l’attention. Mieux vaut la traiter comme un chapitre du jour, pas comme le jour entier.

Visites guidées, audioguides, applis : faut-il être accompagné ?

Au Louvre, l’accompagnement est un accélérateur… ou une contrainte. Une visite guidée apporte une lecture claire du palais et replace les œuvres dans leur contexte, parfois avec une efficacité redoutable. Elle impose toutefois un rythme, un groupe, des arrêts dans des zones denses. C’est très utile pour une première approche, ou pour une visite école bien cadrée.

Audioguide et application : très efficaces si l’objectif est de rester libre. Une règle évite de passer la journée le nez sur l’écran : choisir des pastilles courtes (1 à 3 minutes) plutôt que des commentaires longs. Un autre piège, fréquent : écouter tout, tout le temps. Rarement une bonne idée au Louvre.

Compromis souvent gagnant : 15 minutes guidées, 45 minutes libres. On prend le contexte, puis on respire. Cette alternance réduit la fatigue cognitive, surtout quand le musée est dense et bruyant.

Les erreurs fréquentes (celles qui ruinent une journée sans prévenir)

Erreur n°1 : vouloir traverser tout le château/palais “au cas où”. Dans le Louvre, cela se paie en kilomètres, en nerfs, et en regrets. Mieux vaut un parcours court et maîtrisé, qui laisse du temps pour regarder.

Erreur n°2 : passer trop de temps à chercher son chemin au lieu de voir les œuvres. Dans ce muséum, l’orientation peut devenir un puits sans fond. Méthode simple : si une salle n’est pas retrouvée en 5 minutes, revenir à un axe repère (grande galerie, escalier majeur) et relancer l’ordre prévu.

Erreur n°3 : négliger l’énergie. Chaussures, eau, pauses : ce sont des détails qui font basculer la journée. Le Louvre n’est pas un petit musée de quartier ; c’est une longue marche dans un palais. Sans gestion d’énergie, même les plus belles œuvres deviennent un bruit de fond.

Erreur n°4 : sortir frustré avec l’impression de “n’avoir rien vu”. Paradoxalement, cela arrive souvent à ceux qui ont trop vu. Solution : limiter volontairement la liste, et se donner le droit de quitter une salle quand elle ne prend pas. Oui, même si c’est “célèbre”.

Sur place : repères concrets pour ne pas se perdre

Lire les panneaux sans y passer dix minutes : regarder d’abord le niveau, puis l’aile, puis la salle. Quand ces trois informations s’alignent, le Louvre redevient logique. Sinon, on tourne en rond dans le palais en se demandant pourquoi personne n’avait prévenu.

Repères spatiaux utiles : grands escaliers, longues perspectives, cours intérieures. Dans ce musée, ces repères sont un bouton “retour”. Ils évitent le scénario classique : refaire tout le muséum à l’envers pour retrouver une salle.

Astuce simple : noter (ou photographier) le numéro de salle et le niveau au moment où elle est trouvée. Ce geste paraît trivial, mais il sauve du temps, notamment en sortie école où un groupe doit pouvoir revenir facilement à un point.

Liste “essentiel” : choisir 10 œuvres maximum

Au Louvre, une liste courte change la qualité de l’attention. Dix œuvres, c’est déjà beaucoup si elles sont vues vraiment. L’idée : équilibrer entre grands classiques et coups de cœur. Cinq incontournables, cinq surprises. Et laisser une place à l’imprévu : une salle vide, une lumière, un détail.

Pour construire cette liste, varier les types aide énormément : une vierge à l’enfant, un saint en majesté, une scène avec un ange, un portrait, et un objet qui casse les attentes. Cette variété évite l’effet “tout se ressemble” qui arrive dans un musée aussi riche.

Autre règle terrain : limiter le temps dans les zones les plus saturées. Fixer une limite (par exemple 10 minutes) et la respecter. Cela libère du temps pour une galerie calme où les œuvres parlent plus facilement.

Comprendre ce que vous voyez : histoire, écoles, siècles, et collections (sans se noyer)

Regarder au Louvre, c’est aussi remettre un minimum d’ordre dans l’histoire. Pas besoin d’un cours magistral. Juste deux ou trois repères : l’époque, l’école, la matière, l’usage. À partir de là, tout devient plus lisible.

Le repère “école” est le plus pratique sur une journée : il structure un bloc de peinture ou de sculpture et évite de passer du coq à l’âne. Il aide aussi à comparer, donc à mémoriser. Et, par ricochet, il donne une cohérence à la visite sans l’alourdir.

Le repère “siècle” sert de boussole rapide : il explique les styles, les sujets, les techniques, et même la manière de représenter le corps. Cela change tout quand la fatigue arrive : l’œil se repose sur des différences tangibles.

Quant aux collections, elles ne sont pas qu’un stock. Elles racontent une politique culturelle, des choix de conservation, de recherche, d’acquisitions. À ce titre, voir chaque salle comme une “mini-collection” aide : un ensemble, une logique, un propos. Et, au passage, cela rend le musée beaucoup moins intimidant.

Pour les amateurs de repères historiques, un clin d’œil utile : la vie du palais a été façonnée par la monarchie et la cour. Cette trace se voit encore dans les volumes, les perspectives, et la manière dont certaines salles se déploient. Le Louvre n’est pas seulement un lieu d’art. C’est un lieu de pouvoir transformé en lieu public.

Parcours “école” : faire simple, faire vivre, faire retenir

Une visite école au Louvre réussit quand elle reste simple. Le musée propose des formats, mais le terrain impose ses lois : fatigue, bruit, regroupements. L’objectif n’est pas de tout expliquer. Il est de faire observer.

Avant la sortie école, préparer une structure légère : un thème (récits et symboles, par exemple), trois salles maximum, et une question par salle. Exemple : “Qu’est-ce qui montre que ce personnage est un saint ?”, “Où se cache l’ange ?”, “Pourquoi la vierge est-elle placée ainsi ?”. Cela ressemble à un jeu. En réalité, c’est un cours déguisé, et c’est précisément pour cela que ça marche.

Autre levier : prévoir une micro-activité. Compter les détails, comparer deux gestes, repérer les regards. Les élèves retiennent mieux quand ils cherchent activement. Et quand l’attention baisse ? Couper. Raccourcir. Puis faire une synthèse de fin. Dix minutes suffisent, dehors ou dans un espace calme, pour faire reformuler trois choses vues. Ce geste évite l’effet “on a tout oublié en sortant du musée”.

Faire du Louvre un “projet” sur deux visites (au lieu d’un exploit en une)

Le meilleur moyen de ne pas être submergé, paradoxalement, consiste à accepter que le Louvre se vit en plusieurs fois. Une journée donne un socle. La suivante affine. C’est là que ce palais devient un compagnon : on n’épuise pas ses collections en une fois, on les apprivoise.

Une bonne “saison 2” se prépare comme une nouvelle journée, pas comme un rattrapage. Choisir une autre aile, un autre type d’exposition, un autre angle : peintures d’un côté, sculptures de l’autre, ou un focus sur des objets. En gardant la même discipline : 3 zones, un ordre, deux pauses.

Pour celles et ceux qui aiment préparer autrement, un support peut aider : une vidéo courte de contexte, un plan annoté, une liste de 10 œuvres. À condition de rester léger. Le Louvre n’a pas besoin de mille onglets pour être apprécié.

Focus “œuvre” : regarder une seule pièce comme un pro

Un bon test : choisir un tableau et lui accorder quatre minutes pleines. D’abord la composition, ensuite la lumière, puis les gestes, enfin un détail libre. Cette méthode, très simple, donne une profondeur immédiate à la visite, même quand le musée est plein.

Autre exercice : se demander quel artiste a intérêt à montrer, et à cacher, certaines choses. Un drapé qui dirige l’œil, un visage éclairé, un corps idéalisé, un symbole discret. D’un coup, l’œuvre devient un discours, pas une image.

Et si un nom doit être glissé une fois, pour le repère culturel : Michel. Pas pour faire savant. Juste parce que ce type de référence aide à relier une salle à une époque, un style, une ambition. La mémoire adore les étiquettes simples, tant qu’elles ne remplacent pas le regard.

Parenthèse utile : Paris, les autres musées, et l’option “respirer”

Une journée au Louvre peut aussi s’inscrire dans un séjour plus large à Paris. Dans ce cas, l’erreur classique consiste à enchaîner sans respirer : un grand musée le matin, un autre l’après-midi, puis encore un. Mauvaise idée. Le cerveau sature avant les pieds.

Un plan plus réaliste : une grande visite (le Louvre), puis une soirée légère. Ou, si l’envie de comparer démange, choisir un autre lieu le lendemain, mais plus petit. Le monde des musées est vaste. Et le plaisir vient rarement de l’accumulation.

Check-lists 2026 : la veille et le matin (oui, ça vaut le coup)

Le Louvre récompense la préparation minimale. Pas un planning militaire. Une check-list.

Moment À faire Détail à vérifier Pourquoi c’est décisif au Louvre
La veille Réserver les billets en ligne Créneau, tarifs, justificatifs Réduit l’incertitude et les files au musée
La veille Vérifier horaires + fermetures Jour d’ouverture, nocturne, accès Évite d’être “choisi” par le palais et ses flux
La veille Repérer 3 zones + 10 œuvres Ordre de visite Diminue la sensation d’être submergé dans le muséum
La veille Contrôler les expositions Dates, jauges, modalités d’accès Une exposition peut déplacer tout le parcours
Le matin Arriver avec marge Contrôles, orientation vers la 1re salle Le début conditionne l’énergie du reste de la journée
Le matin Fixer le 1er point de pause Heure approximative Préserve l’attention sur les œuvres

Après la visite : garder une trace sans se noyer (et avoir envie de revenir)

En sortant du Louvre, l’envie de “tout garder” (photos, notes, souvenirs) peut devenir une seconde saturation. Une méthode légère suffit : trier 10 photos, puis noter 3 œuvres, 1 salle, 1 détail. Un saint dont le regard accroche. Une vierge au drapé inattendu. Une scène où un ange apparaît presque discrètement. Cette trace rend la visite durable.

Et si une suite est prévue : repartir avec une question plutôt qu’une liste. Pourquoi telle œuvre est-elle si célèbre ? Que raconte cette salle sur l’histoire du musée ? Ce petit manque donne envie de revenir, et c’est souvent le vrai luxe à Paris, en France.

Pour ceux qui voyagent aussi hors de la capitale : un détour par Fontainebleau peut être une respiration intéressante, notamment si l’envie est de comparer un autre palais et d’autres logiques de collection. Le cerveau adore les comparaisons simples : elles ancrent ce qui a été vu au Louvre.

Dernier clin d’œil : noter un nom associé à un souvenir aide à fixer la mémoire. “Martin” ou “Joseph”, peu importe, si cela sert de crochet mental pour rattacher une salle, une ambiance, une émotion. La mémoire n’est pas un inventaire. C’est une narration.

Sources :

  • https://www.louvre.fr/
    https://www.louvre.fr/visiter
    https://www.louvre.fr/horaires-tarifs
    https://www.louvre.fr/expositions
    https://www.louvre.fr/decouvrir/ressources-educatives